Bobotrip -> SuperPoule déchante (déjà)

Après une matinée tout-le-monde-il-est-beau (#ILoveParis et tout ça), SuperPoule et sa robe en coton biologique équitable (sur ses collants H&M : paradoxe du bobo flemmard/fauché) se sont vues bien décaties.

C’est face à ma crêpe parisienne champignons-jambon que je fus assaillie d’une prise de conscience caractéristique : la réservation pour mon beau projet du soir (assister à l’enregistrement de Quotidien) n’avait pas reçu confirmation. Dans le doute, je passai un coup de fil à l’agence, qui m’informa que je n’avais jamais validé l’invitation qu’elle  m’avait envoyée ; de fait, je n’avais rien reçu (ou alors dans mes spams). Il n’y avait plus de place pour le soir.

“Il fallait s’en inquiéter plus tôt, madame”, “non, il n’y a rien à faire”, “oui vous pouvez toujours essayer, mais j’ai booké 150 personnes pour 120 places, alors…”.

C’est pendant cette désagréable conversation téléphonique qu’un jeune homme, aussi peu avenant que propre sur lui, m’a couru après pour me réclamer de l’argent. J’étais au téléphone, j’ai décliné sa proposition (de sortir mon porte-monnaie et de lui lâcher un euro pour manger). Suite à quoi il m’a qualifiée de personne en surcharge pondérale faisant commerce de son corps, non sans oublier de m’inviter à me faire foutre.

Aaaaah, Paris !

J’étais bien marrie de ne pas avoir ma place garantie pour le soir, mais SuperPoule n’est pas femme à se morfondre, et j’ai décidé d’explorer un peu le premier “bo” du terme “bobo” en m’offrant la montée de la tour Montparnasse : QUINZE EUROS. Wesh, gros.

Quand mon comptable va voir ça dans mes frais professionnels, je ne sais pas trop ce qu’il va dire.

C’est quand même beau, là haut :


À 16h, j’avais rendez-vous à l’Airbnb. Je suis redescendue de ma tour à 15 balles – où c’que tu peux patiner et même faire du curling, et ouais ! – et j’ai cherché un vélib. Apa vélib à la première station. Ni à la deuxième, ni à la troisième. Eurêka à la quatrième : j’enfourche mon destrier… au pédalier foufou(tu).

Prochaine station : j’arrive à changer de vélo et, en slalomant entre les crottes de chien et les détritus, je parviens vaille que vaille à mon … truc, là, ma chambre, euh, non, le coin de lit du bas qui est censé me servir de plumard. Bah oui : l’étudiant coréen a un studio, il a mis un vague matelas par terre; lui il dort dans le lit, et voilaaaaa, c’est un Airbnb.

Je suis tellement consternée que je m’assieds sur les lunettes.

Preuve :


Donc, mon programme, si j’ai de la chance : voir Yann Barthes… sans le voir. Chic !

Je vais au studio et fais gaillardement la queue, entre dans le bâtiment et me fais refouler sous les yeux d’une centaine de personnes : “Attendez dehors”. J’attends 1h de plus (j’ai un bon bouquin, ça vous sauve de tout).

Finalement la pestiférée est autorisée à rejoindre le troupeau.

Après encore une loooongue attente, j’ai le droit de m’asseoir sur une marche avec les jambes raccrapotées, et là, un chauffeur de salle plutôt agressif nous somme de rire FORT (“un rire silencieux en télé, ça sert à rien”), d’applaudir LONGTEMPS et de sourire EN CONTINU. Il nous trouve mous, trop sages, pas drôles. On s’en prend plein la figure ; pourquoi ?

L’émission commence, et à chaque coupure pub, le tyran revient pour nous rappeler qu’il faut en faire plus et plus.

Ma petite grand-mère n’ira pas là-bas pour poireauter debout pendant 3h (sans boire) et rester accroupie une heure de plus parmi les rires fictifs.

Je vais essayer d’échapper un peu au stéréotype français et cesser de râler (serai-je simplement devenue une Parisienne en un temps record ? C’est tout mon pouvoir d’intégration, ça ! La première semaine en Belgique j’avais chopé l’accent de Charleroi) : il y avait IAM sur le plateau ! Ils étaient drôlement chouettes et ils ont fait deux bons titres.

En dégustant ma courgette farcie vegan (on avait dit bobotrip, non ?), j’ai pris la décision formelle que je pouvais me permettre de me prendre un petit hôtel avec un vrai lit, une vraie salle de bain et une vraie intimité. C’est moins bobo, mais c’est tellement bon ! Allez, je m’en vais regarder Arte, et je serai pardonnée.

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